lundi 12 octobre 2009

Le prix Nobel de Barack

Le prix Nobel de la paix est un prix qui avec les années s'est avéré être un statement politique de la part du jury.

Disparités dans la valeur d'un Nobel

Avec les années, 18 fois des Canadiens ont été les récipiendaires d'un prix Nobel. C'est sur une liste de l'Université de Sherbrooke que j'ai trouvé 16 noms, auquel s'en ajoute deux autres cette année, dont l'inventeur du procédé de la photographie numérique, quarante ans après son invention pour le compte de la NASA.

Vous savez que lorsqu'on est dans l'espace comme le "clown" Laliberté, envoyer sa prise de vue en film impose que la capsule doit revenir sur terre, et qu'on doit attendre son retour pour voir les photos. Que doit-on faire pour transmettre par radio l'image, sans support physique? On a donc inventé un nouveau procédé, révolutionnaire, reléguant l'ancienne pellicule (avant des plaques d'argent) sur laquelle se déposait la lumière en une fraction de seconde pour causer la réaction qui avec les produits nécessaires donnait une photo, ce procédé datant du 19e siècle, aux musées. Aujourd'hui nous comprenons l'ampleur de cette invention avec nos caméras-cellulaires avec le procédé de photodétecteur de Willard Boyle.

Willard Boyle, aujourd'hui à 85 ans, surpris de cet honneur, est le deuxième lauréat du prix Nobel cette année, huitième en tout, ayant eu des liens avec la faculté des sciences de l'Université McGill.

Certains prendront soin, avec raison, de rapeller que jamais l'Université Laval (comme l'UQAM) n'a eu dans ses rangs, un prix Nobel, contrairement à l'Université McGill, plusieurs fois mise en valeur dans cet honneur.

Car entre vous et moi, que ce soit en médecine, dans les sciences, un prix Nobel est l'honneur suprême. Qu'en est-il du prix Nobel de la paix?


Alfred Nobel dans son contexte


Alfred Nobel, inventeur de la dynamite, fabricant d'armes, est mort en 1896 à San Remo en Italie et a écrit dans son testament que l'ensemble de sa fortune devait servir à remettre des prix.

Plusieurs explosions ont eu lieu dans la maison familiale des Nobel, dont une qui a tué son frère cadet Emil, et quatre autres personnes en 1864. Entre 1867 et 1875 il enregistre ses brevets pour la dynamite et la dynamite solide, sous forme plastique (ne pas confondre avec le plastique explosif d'aujourd'hui).

En 1888, un journal français publie une nécrologie prématurée qui l'identifie comme étant un marchand de la mort, "inventeur de moyens de tuer encore plus de gens plus rapidement que jamais auparavant", le force à imaginer un moyen d'être retenu dans l'histoire d'une façon moins négative.

Un ami lui suggère d'ajouter à sa liste de prix de son testament, un prix pour la paix, en opposition avec ses inventions explosives ayant servi à tuer, selon l'opinion publique.

Le prix Nobel de la paix

Le prix Nobel de la paix doit être décerné à la "personnalité ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix" selon les dernières volontés du testament d'Alfred Nobel.

Le journalistes et analystes de gauche n'ont pas tardé à se réjouir de la nomination de Barack Obama comme lauréat du prix Nobel de paix 2009, tout en rapellant qu'il aurait été impossible pour George Bush d'obtenir cet honneur, toujours en traitant l'ex-président comme s'il était le dernier des vauriens, des salauds, aussi pire qu'Adolf Hitler... exactement comme l'expriment si bien ces millitants extrêmistes lors d'émeutes "pacifistes" et "altermerdistes" (surtout anti-capitalistes) partout dans le monde avec leurs affiches de Bush doté d'une moustache-pinceau.

Or plusieurs fois, on a pu se poser des questions sur ce fameux prix Nobel de la paix.

D'abord, Mahatma Ghandi a été omis par le comité, qui a ensuite regretté unanimement publiquement son omission grossière, d'un personnage un peu loin d'une Europe repliée sur elle-même, au point d'avoir renoncé à lui attribuer ce prix en 1948 peu avant son assassinat, alors qu'il avait eu son nom retenu sur la liste de nominations pour une 5e fois. Cette année-là, le comité avait choisi de ne pas remettre de prix sous prétexte "qu'il n'y avait pas de candidat vivant approprié". Ce comité de 1948 mériterait bien un anti-Nobel.

Pour faire oublier l'omission qui restera une tache dans les livres d'histoire, le comité a donné en 1989 le prix au Dalaï-Lama. Le président du comité a déclaré que cette décision était en partie en hommage à Ghandi.

Il n'y a pas très longtemps, en 1993, Yasser Arafat, chef terroriste reconnu, inventeur de techniques qualifiables de crimes contre l'humanité, a été lauréat du prix Nobel de la paix, à peine deux ans après avoir fait alliance avec Saddam Hussein. Après avoir été lauréat du prix, peu avant sa mort en 2004, Arafat était toujours en guerre, en plus qu'il aurait détourné plus de 898 millions d'aide internationale selon le FMI. Comme si l'on pouvait mettre sur la même marche du podium un monstre et un homme de paix, on a remis le prix tant à Arafat qu'à Yitzhak Rabin. La poignée de main devant Clinton des accords d'Oslo demeurera une virgule de l'histoire, car les Palestiniens et les Juifs orthodoxes ne voulaient pas en rester là. Rabin a été assassiné par un fanatique juif deux ans plus tard, et Arafat est demeuré ce qu'il a toujours été.

En 1975, le comité du prix Nobel de la paix décerne le prix à Lê Đức Thọ, nul autre qu'un militaire, co-fondateur du parti communiste vietnamien, après 21 ans de guerre sale dans la région. Normalement le prix Nobel doit servir le modèle démocratique, mais il semble que d'autres objectifs sont en tête du comité de sélection cette année-là.

Lê Đức Thọ, réaliste, décline le prix, car il n'avait pas encore "réussi à établir la paix" selon ses propres paroles. Peu après, il lance une offensive pour éliminer les restants de l'armée du Sud-Vietnam, abandonnée par les forces américaines qui se sont retirées dans la honte.

Le régime communiste vietnamien n'a jamais été un exemple pour les droits de l'homme ou pour ses valeurs démocratiques, pas plus que les khmers rouges.

Kofi Annan reçoit le prix Nobel en 2001, alors que les Nations Unies dont il est le secrétaire général trempent dans un scandale de corruption jamais égalé avec l'affaire "Oil for food". Même son fils a trempé dans l'histoire (référence: Les corrompus de Saddam Hussein, aux Edition Plon, 2006).

Al Gore, candidat défait à la présidence des États-Unis en 2000, reçoit le prix en 2007, pour avoir pris position avec le GIEC sur la question du réchauffement climatique. Il a produit un film-documentaire très contesté, et a contribué à rendre une thèse scientifiquement discutable un dogme religieux.

Qui donc fait la sélection du prix Nobel de la paix?

Le prix Nobel de physique est décerné par l'Académie royale des sciences de Suède le prix Nobel de chimie, est décerné par l'Académie royale des sciences de Suède, le prix Nobel de médecine est décerné par l'institut Karolinska et celui en littérature est décerné par l'Académie suédoise. Contrairement à ces prix, celui de la paix est décerné par un comité du parlement norvégien (la Norvège était sous la même couronne que la Suède au moment de la mort d'Alfred Nobel), donc des élus, des politiciens, remplissent la tâche de décider qui doit avoir le prix Nobel de la paix.

Cela fait comprendre pourquoi ce comité a tant fait d'erreurs et a aussi souvent manqué de rigueur dans son choix, allant même jusqu'à remettre le prix à des criminels contre l'humanité. Pendant la deuxième guerre mondiale, aucun prix Nobel de la paix est décerné, car personne n'a fait l'unanimité... Comprenons aussi que la Norvège a collaboré de très près avec les nazis dans ce conflit, offrant même leurs femmes à des expériences d'eugénisme, pour créer avec des Allemands aryens sélectionnés, la race parfaite.

Le lauréat de 2009 en est un politique, tout comme cette palme d'or remise à Cannes au cinéaste Michael Moore. Barack Obama a vu sa candidature retenue par le comité le 1er février, date limite fixée. Or, il venait à peine d'entrer en fonction, une dizaine de jours auparavant. En huit mois, il n'a rien fait qui puisse faire imaginer qu'il ait mérité cet "honneur". Même pour la gauche, Obama n'a rien fait, il est toujours en guerre, dans les mêmes conflits que son prédecesseur. Le retrait d'Irak était déja prévu, il l'a même retardé, contrevenant à sa première promesse, il a envoyé plus de soldats en Afghanistan. Il a peut-être compris qu'on ne fait pas de paix avec des colombes et qu'un retrait prématuré ferait plus de mal que de bien, une évidence que malheureusement plusieurs ne saisissent pas.

En matière de paix, le comité de parlementaires Norvégiens ont déja prouvé que l'apparence était plus importante que le concret avant Barack Obama. Le lauréat de 1957 était le premier ministre Canadien Lester B. Pearson, pour avoir suggéré l'idée de casques bleus de l'ONU. Après le Rwanda, la Bosnie, le Kosovo, on a compris (pour ceux qui sont un peu plus lucides) après 40 ans, que l'idée était une utopie, un scandale d'inefficacité. Le temps avec l'avancée d'un des belligérants avait raison de la guerre, les casques bleus étaient témoins de crimes contre l'humanité, mais avaient ordre de ne pas réagir.

Le prix Nobel de la paix est une "joke", ça ne date pas d'hier, ceci en grande partie grâce à un comité de politiciens, de cancres, de gauchistes. Les salauds l'ayant obtenu diminuent la valeur du prix pour les bons l'ayant mérité et obtenu. Barack Obama bien sûr n'est pas le pire des lauréats certes, mais son nom ne devrait pas être encore ajouté à la liste constituée de Henri Dunant fondateur du Comité International de la Croix-Rouge et promoteur de la convention de Geneve, Lech Wałęsa, Mère Teresa, Martin Luther King, Carl von Ossietzky.

Pour ce prix, ces dernières années, on a oublié des gens notables qui répondent pleinement aux exigences nécessaires pour être mis sur une prestigieuse liste d'artisans pour la paix et la démocratie (qui peut-être devrait être "nettoyée"). De nombreux journalistes ont été assassinés en Russie, pour avoir parlé de la corruption et des dérives Poutiniennes parfois sanglantes. Garry Kasparov ancien champion d'échecs, milite ouvertement pour la paix et la démocratie en Russie, s'est fait arrêter quelques fois, et doit etre surveillé par cinq gardes du corps, parce qu'il craint pour sa vie.

Le comité pour le prix Nobel de la paix veut faire un "statement" politique pour la démocratie? Pour la paix, la justice, les droits de l'homme? La liste était longue avant d'avoir à mettre le doigt sur Barack Obama.

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1 commentaires:

Tym_Machine a dit…

Bonjour Phil,

J'ai également publié un petit éditorial à ce sujet bien moins complet que le vôtre, mais je considère tout de même avoir fait ma contribution en ce sens.

http://tymmachine.blogspot.com/2009/10/linstitution-des-prix-nobel-est-une.html

Je vous invite également à cliquer sur le lien dans mon texte à la fin qui mène au site Internet d'Howard Galganov sur la question.

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