vendredi 26 juin 2009

Course à la chefferie de l'ADQ: la lucidité ou la mort

Il y a quatre candidats en liste jusqu'à maintenant dans cette course qui prendra fin en novembre. D'abord, Gilles Taillon ancien président au conseil du patronat du Québec, semble étonnamment se retrouver dans le "coin gauche" du débat.

Christian Lévesque de son côté nous a démontré qu'il manquait de jugement en dénonçant la décision du caucus de son parti de ne pas visiter l'animateur de Sortir FM, reconnu coupable d'avoir profité des services d'une prostituée mineure, à son émission. En plus d'avoir une faible cote d'écoute, en plus que le mandat de cette station n'en est pas du tout un d'affaires publiques, l'ADQ a défendu depuis 2002 les victimes de la prostitution juvénile et ceux qui demandaient des peines plus sévères pour les abuseurs. Hormis quelques laxistes gauchistes dans la bourgeoisie au pouvoir, la faiblesse ridicule des peines données aux criminels fait consensus au Québec.

Ne pas aller serrer la main de Gillet était une question d'honneur et de cohérence, en plus que lui et ses amis n'appuieront jamais l'ADQ.

Le discours le plus percutant et le plus vrai est venu sans doute de Jean-François Plante jusqu'à maintenant. Je ne vous cacherai pas que je le connais personellement, mais il y va surtout d'idées enfin à la page de la droite occidentale: Flat tax, réformer les lois du travail (nottamment par l'abolition de la formule Rand), liberté de choix (privé dans la santé et liberté dans l'éducation).

Éric Caire de son côté démontre de belles qualités, mais semble jouer un rôle plus effacé et un membre de son entourage, Frédéric Têtu, sur le blog de l'ex-députée adéquiste de Charlesbourg, Catherine Morissette, y a été d'une attaque vicieuse à l'endroit de Plante. Aussi vicieuse que peut être un journaliste de La Presse ou de Radio-Canada en mission contre l'ADQ ou le Parti Conservateur. Têtu a démontré une fois de plus qu'il répondait très bien au sobriquet de "loose cannon".

C'est lui qui a torpillé la campagne des conservateurs après qu'on lui ait refusé qu'il soit le lieutenant conservateur du Québec en 2004, parce que Harper et ses stratèges ont préféré Josée Verner. Au lieu de prendre sur lui, d'attendre son tour, de se faire connaître davantage, montrer ses qualités au public, et surtout de gagner une élection assurée en janvier 2006, il a plutôt claqué la porte comme un bébé gâté qui ne voulait pas s'abaisser à faire ses preuves.

Où serait aujourd'hui Frédéric Têtu, le prof de philosophie du Cégep F-X Garneau, intervenant X, de la radio X de Jeff Fillion lors du combat de la survie de CHOI 98,1 en 2004, s'il n'était pas une tête brûlée? Je crois qu'il aurait eu une chance au cabinet du parti au pouvoir formant le gouvernement fédéral.

N'y a-t-il pas une leçon à prendre de ça?

Où vont les principes de Têtu, lui qui nous parlait de liberté d'expression, lorsqu'il tombe dans une vulgaire démagogie, dans la petite politique nauséabonde, comme l'hypocrisie de la presse qui protège l'axe libéralo-péquiste, eux qui préfèrent s'échanger le pouvoir entre souteneurs du "modèle québécois".

Lorsque Têtu s'en prend de cette façon à Plante, il appuie la façon que le Parti Québécois et le Parti Libéral font de la politique comme ils le font depuis la révolution tranquile: tout donner aux syndicats ou presque, céder au lobbies de pression même s'ils proposent des nuisances au développement du Québec, se soumettre à une presse partisane qui avec les centrales syndicales usurpe le pouvoir démocratique de l'ensemble du peuple Québécois.

Les "âmes perdues"

Là où Jean-François Plante résume bien le cul-de-sac où l'ADQ se dirige et qu'il tire en plein centre de la cible, c'est lorsqu'il parle des "âmes perdues".

Les âmes perdues sont ces personnes gravitant dans l'environnement de "la 3e voie", soit l'ADQ, souvent depuis le début, qui sont ceux qui sont uniquement là parce qu'ils sont déçus des deux autres partis traditionnels mais qui ne savent pas trop pourquoi. S'ils savaient pourquoi, ils ne seraient pas pour une 3e voie, perdue, qui dérive d'une élection à l'autre, mais ils seraient dans une voie pour le pouvoir, parce qu'ils seraient convaincus de l'échec du modèle de l'état-providence québécois.

Ils seraient lucides.

La lucidité aujourd'hui impose que nous fassions le constat de l'échec de la persévérance dans l'erreur des deux partis traditionnels héritiers de la révolution tranquile. Ils seraient réellement convaincus, plus que certains "mous", que la révolution tranquile a donné aujourd'hui l'illusion tranquile qui a endormi le Québec.

Au lieu de ça, on retrouve des âmes perdues au purgatoire, soit en attendant une place dans les deux autres partis, ou soit qu'ils ont été rejetés par les deux autres partis. L'avenir de l'ADQ ne peut se trouver entre les mains de ces gens qui manquent de conviction et de détermination à garder le cap pour un réel changement qui amènera plus d'efficacité, une dynamique de prospérité.

L'ADQ est à la croisée des chemins, soit elle disparaît, ou soit les idées de Jean-François Plante créent un véritable débat d'idées constructif sur lequel il sera possible de bâtir un Québec plus solide.

On ne bâti rien avec des "âmes perdues" en perdition ou qui dérivent en attente... On doit bâtir sur du solide. Peut-importe ce qu'en pense Sébastien Proulx qui semble dériver lui-même vers les libéraux. Regardez le résultat lorsqu'un transfuge adéquiste Pierre-Michel Auger ex-député de Champlain, se range du côté de Jean Charest, pour ensuite obtenir un poste dans la haute fonction publique... Ça ressemble drôlement à du traffic d'influence.

Sans être une "âme perdue" on ne pense pas rejoindre l'ennemi du changement.

Cette course à la chefferie va nous dire si nous pouvons encore croire à ce changement tant souhaité, ou si le Québec va continuer de dériver avec ses politiciens de deux partis et demie, qui finalement se rejoignent dans la continuité tranquile, le déclin du Québec amorcé il y a plusieurs décennies déja.

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